Valérie Raymond- Stempowska

 


Née à Limoges, Valérie Raymond-Stempowska est diplômée de l’École du Louvre et de l’École nationale supérieure des Arts appliqués et des Métiers d’art (Olivier de Serres). En 1991, elle reçoit la Flamme d’Or des arts du feu de la Ville de Paris.

Elle rejoint le mouvement « En attendant les Barbares », qui réunit des designers et des artistes désirant rompre avec la froideur du design des années 1970 pour renouer avec un style et des matériaux plus généreux, baroques et colorés. Ses créations sont exposées à la galerie « En attendant les Barbares » à Paris puis à la Galerie Frédéric de Luca, à Saint-Germain des Prés, qui a présenté pendant plusieurs années les créations des artistes de cette mouvance.

Expositions personnelles

1994 Galerie Beeld - Spraak - Amsterdam
1995 Biennale de la Céramique - Carrouge
1997 Galerie Artset - Limoges
1997 Galerie Art Chi - Dûsseldorf 
1999 Desvaux - Paris
2001 Desvaux - Pékin
2002 Galerie Fréderic de Luca - Paris
2005 Musée Abguss - Sammlung A-P Berlin
2007 La Havane - Cuba
2008 Galerie MK - Genève - Suisse
2009 Galerie du Dragon/ Galerie Charlotte Norberg, Paris
2010 Exposition des céramiques créées pour l’Assemblée nationale,
         Boutique de l’Assemblée nationale, Paris

Expositions collectives

1991 Les Arts du Feu, Couvent des Cordeliers - Paris
1991 Exposition organisée par la Mairie de Paris Premier prix 
           «  la Flamme d’ Or des Arts du Feu »
1992 L’Art rencontre l’industrie .Abbaye de Seuilly - Chinon
1993 Chari Vari Bar Oggeti - New York
1993 Les jardins secrets de Christian Dior, Granville
1995 Salon des Artistes Décorateurs, Beyrouth,Liban
1999 Musée de la Poste, Paris
2000 Musée Bernard Pallissy, La Capelle Biron
2001 Calligraphie Musée de l’ Affiche, Chaumont
2003 Holland & Holland, Paris
2010 Réalisation de 15 céramiques « Cerveaux » pour l’exposition Contrefaçon,
         Cité des sciences du Parc de La Villette, Paris.

Participations  Décors Films

Cyrano de Bergerac .de JP Rappeneau 1990 ; Les Menteurs .d’Elie Chouraqui 1998 ; Les Randonneurs .de P Harel 1999 ; Fin Aout debut Septembre d’ O. Assayas 2000 ; La Répétition de C. Corsini 2002.

Parutions Presse 

Vogue Decoration ‘Casa Vogue ‘Marie Claire Maison’ Elle Déco’Figaro Maison’Maison Française’Interior View ‘Intramuros’Metropolitan Home’Neue Keramik’ A_D France’ Plumes’ Catalogue Christie’s.

La peinture de Valérie Raymond-Stempowska, palimpsestes et fragments de la pensée

La peinture de Valérie Raymond-Stempowska apprivoise et interroge les signes. Dans le royaume des mots et des littératures, Valérie adopte la poésie de Rimbaud, de Henri Michaux, fait siennes des correspondances anciennes, s’en retourne dans le vieux temps anglais de l’époque élisabéthaine, va vers le quotidien inconnu avec René Char.

De ce processus ne sort rien de rassurant car le geste familier de l’écriture donne naissance à des graphismes faussement lisibles qui vous plongent dans le trouble. Des pensées et des écrits sont recouverts par d’autres, dans une matière (huile ou acrylique) de fresque, frottée, effacée, grattée, pour se laisser recouvrir par d’autres écrits. Tout cela forme palimpsestes, vestiges, fragments de nos pensées successives, nouvelles ou récurrentes…

Dans l’incertitude du sens, restent certains et affirmés le rythme, la cadence, l’énergie et pourquoi pas, la joie. La joie de déchiffrer ce qui est enfoui dans l’âme, d’observer et de penser.

Par Anne-Laure Meyer

Avant le sens, le signe

Comme point focal du désir, le choix de l’écriture s’est manifesté dès ses débuts, un élément qu’elle a aussitôt embrassé sous toutes ses formes ; écriture au sens physique de ce graphisme aérien, d’un entrelacs cursif et parfois superposé… et au sens figuré, celui de la littérature, des livres serrés dans la bibliothèque de son enfance.

Peu importe que ces lignes soient illisibles, c’est l’œuvre qui devient visible avec elles, trouvant sa cohérence dans la force graphique du tracé. L’écriture n’a pas de signification, c’est une exploration – « le trait précède le signe », dit l’artiste – pour elle, l’écriture c’est le fil de l’instrument. Il court toujours et sans relâche, suivant le rythme de la graphie, la scansion des accents, la modulation des pleins et déliés, avec des syncopes, une cadence, des inflexions… Un tempo !

L’écriture chez Valérie Raymond-Stempowska est musique. Musique et danse.
La danse est son paradis perdu et le texte son enfance retrouvée ; un calligramme, comme le voulait Apollinaire : un poème dont la typographie forme un dessin.

Dans son travail plus récent, plus vraiment de trait, de ligne, une interprétation radicale et sans objet. Elle s’éloigne de l’écriture cursive, de l’arabesque et de ses volutes pour des traces troublées, images âpres d’un écrit dont on ne sait plus s’il est inscrit en hauteur ou bien horizontalement, tant son effet est .brouillé.

Les dernières œuvres, tant céramiques que peintures, sont marquées par le caractère difficile de la disparition. Plus de sens de l’élégance ici, plus rien de discursif… Finie la psalmodie chantante de la main, plutôt un récitatif qu’une main brusque brise. Dans le sublime de la révolte, naissance d’une abstraction… Pour « arracher quelques bribes précises au vide qui se creuse », comme disait Georges Perec ?

Par Ariane Grenon