Jean-Martin (1911- 1996)

 


Né à Vaise, quartier ouvrier de Lyon, en 1911, Jean-Martin expose au salon du Sud-Est à partir de 1934, puis à la galerie de l'ensemblier Sornay. En 1935, il participe aux expositions des Bâtisseurs , groupe qui défend la nécessité de délivrer un sens à travers la représentation. Cette voie du réalisme l'amènera à être, avec Henri Héraut, cofondateur du groupe Forces Nouvelles en 1938, qui réunit aussi Pierre Tal-Coat, Georges Rohner ou Robert Humblot. Après la guerre, il exposera à Paris chez Katia Granoff ainsi qu'à la galerie Drouant-David.

Deux périodes se distinguent dans l'ouvre de Jean-Martin. Une période « expressive » inspirée par les peintres allemands de la Renaissance va de 1933 à 1950, caractérisée par le recours à une peinture à l'huile « aux couleurs d'émail » : les toiles y sont l'exutoire de la sensibilité révoltée et de la compassion de l'artiste devant le quotidien difficile du peuple et ses souffrances, puis devant les déchirements dus à la guerre (les tableaux « l'exilé », « le camelot », « le  veilleur », « l'homme qui dort », « la blessure au côté » en témoignent). La deuxième période voit l'artiste s'affranchir de la nature terrienne de l'huile pour recourir à la tempera, qui lui ouvrira une autre vision du monde, dans une « mystique du quotidien » lumineuse et sereine.

Il laisse en 60 ans d'activité une ouvre multiforme - dessins, bois gravés, publicité, multiples pour la revue « L'Arbalète » créée sous l'Occupation avec Marc Barbezat, décors et costumes de théâtre pour Louis Jouvet et Pierre Blanchar. S'y ajoute une influence réelle même si moins connue : sa contribution au renouveau de l'art sacré dans les années 1960, répandu à travers le monde à partir de la galerie « Art et tradition chrétienne » (ATC), animée de 1957 à 1970 par Jean-Martin et son épouse Rosette. Cette initiative avait permis aux sculpteurs, potiers, dinandiers (dont certains font les fortes cotes d'aujourd'hui) d'élaborer un nouveau langage pour l'art d'Eglise.

Son ouvre exigeante et intemporelle, loin des modes et des partis pris du XXème siècle, est présente dans de nombreux musées (Lyon, Valence, Rouen, et Musée des Années 30 de Boulogne-Billancourt, notamment).

L'association « Mémoire du peintre Jean-Martin » s'attache à promouvoir et défendre l'oeuvre du peintre, décédé en 1996. De nombreuses informations sont accessibles sur le site consacré au peintre à l'initiative de l'association :

Lien vers le site : www.peintrejeanmartin.com